Un nouveau regard sur l'immigration
Immigrations
« Notre économie doit beaucoup à ceux qui viennent d’ailleurs travailler dur chez nous. En disant cela, nous ne sommes en rien une gauche à l'angélisme coupable, victime de ses ‘bons sentiments’. Au contraire : que ce soit en termes de croissance économique (50 000 immigrés correspondent à 0,1 point de bonus de croissance), d'équilibre de la pyramide des âges ou de manière globale, l'immigration profite à la France et à l'Europe. Avec nous, Aujourd’hui, les migrants participent pleinement à la production de notre richesse nationale. Nous n’accepterons donc plus les mots qui mentent et qui blessent.
 
En matière d'immigration, c'est la droite sécuritaire qui manque de réalisme. Qui peut croire à l'’immigration zéro quand on sait que la France et l'Europe manquent de main-d’œuvre ? Qui peut croire aux quotas quand on voit que même la droite n'y croit pas ? Qui peut croire à la rationalité du chiffre arbitraire de 25 000 expulsions, quand on estime le coût moyen de chaque reconduite à la frontière à plus de 10.000 € ? Difficile de ne pas s'indigner devant une telle litanie de non-sens, d'autant plus qu'ils ont entraîné la France, patrie des droits de l'homme, dans un climat nauséabond de ‘chasse à l'homme’.
 
Au fond, le gouvernement actuel a une conception très archaïque de la gestion du pays des besoins de l’économie, qui repose sur l’illusion technocratique d’une planification rigide. La droite met en place une ‘police’ des migrations, à la fois coûteuse, inefficace et immorale. À nous, socialistes, de lui opposer une vraie ‘politique’ des migrations, au niveau national et européen, axée sur un principe de bon sens : pour réduire l’immigration illégale, il faut d’abord un bon système d’immigration légale. Les pays qui réussissent le mieux sont ceux qui, comme le Royaume-Uni, ont su simplifier et accélérer leurs procédures. Les pays qui échouent sont ceux qui, faute d'avoir mis en place suffisamment tôt, ces politiques, se retrouvent contraints à procéder à des régularisations massives. […]
 
Il ne s'agit en aucun cas de supprimer les frontières, mais de renouer avec une logique où se superpose l'humanisme de nos valeurs et le pragmatisme de nos intérêts bien compris. Plus d'immigration légale signifie, par exemple, moins de travail non déclaré d'immigrés clandestins, et donc plus de recettes fiscales pour l'Etat et de cotisations sociales.»
Extrait de la motion "L'espoir à gauche, fièr(e)s d'être socialistes" (2008)
 

UNE UTOPIE RÉALISABLE : METTRE FIN À L'ÉMIGRATION DE LA MISÈRE ET DE LA PAUVRETÉ
 
« Nous devons mener de front ces deux questions là. La question planétaire de la réduction des écarts entre pays pauvres et pays riches pour mettre fin à l’émigration de la misère et de la pauvreté et la question du dialogue et de la régularisation de l’immigration pour que nous puissions au cas par cas et dans un flux continu régulariser ceux qui sont sur notre sol et dont notre économie a besoin. »
Radiocom, France Inter, 27 aout 2006
 
« Les pays pauvres, notamment en Afrique, doivent sortir de la misère grâce à un co-développement mieux pensé, plus solidaire et plus efficace. Là se situe la vraie réponse aux migrations de la misère. La question de l’émigration ne peut pas, en effet, être déconnectée de celle du co-développement. C’est par le droit des familles à vivre dignement dans leur pays que l’on peut tarir l’immigration clandestine. France, Italie, Espagne : nous sommes tous confrontés à une immigration en provenance d’Afrique. Nous devons mettre en place des politiques coordonnées, à l’échelle européenne (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui) et, en même temps, penser ensemble un nouveau partenariat avec l’Afrique. »
Extrait de la profession de foi de Ségolène Royal aux militants  socialistes, 2006
 
« Plutôt que de durcir brutalement le droit de vivre en famille (qui concerne 25 000 personnes par an) ou de détruire le dispositif de régularisation au bout de dix ans de séjour en France (3 000 personnes par an), comme le fait la droite, je crois qu'il faut, comme dans d'autres domaines, un ordre juste qui allie fermeté, efficacité et humanité. »
Le Monde, 23 Juin 2006
 
« C’est sur (les pays du Sud) que va peser massivement le réchauffement de la planète. C’est là que se trouvent les foyers de guerres et de conflits, les déplacements massifs de populations à la recherche de l’eau potable et fuyant les zones qui se désertifient. Ce défi-là, nous avons à le relever, parce que nous ne nous sauverons pas tous seuls. Seule la façon dont nous saurons faire accéder au développement, à faire sortir de la pauvreté les pays les plus pauvres nous permettra de maîtriser les migrations de la misère. Nous ne les maîtriserons pas, ces migrations, avec des barbelés ou avec des policiers toujours plus nombreux aux frontières. Nous les maîtriserons grâce à un ordre international plus juste. »
Montluçon, le 24 janvier 2007
 
« Nous ne pouvons pas pour des raisons de responsabilités annoncer aveuglément des régularisations massives. Mais nous devrons régler ce problème, en particulier les enfants qui sont à l’école doivent pouvoir continuer à apprendre et à rester à l’école. »
Radiocom, France Inter, 27 aout 2006
 

LE BILAN ET LES PERSPECTIVES À DROITE : UNE VISION COMPTABLE ET NÉO-COLONIALE DE L'IMMIGRATION
 
« Le bilan de la droite, c'est une baisse de l'immigration de travail, notamment qualifiée, de 88 000 en 2001 à 67 000, et une augmentation de l'immigration à vocation permanente. »
Le Monde, 23 Juin 2006
 
« Pour les travailleurs qualifiés, la France était dotée de moyens réglementaires assez efficaces, avec une première circulaire de 1998 sur les informaticiens, puis une seconde en 2002 qui prévoyait l'accueil d'étudiants étrangers ayant achevé leur cursus et de salariés dont l'embauche s'inscrivait dans le cadre d'un projet de co-développement. La droite a abrogé le premier texte et négligé le second. Aujourd'hui, les entreprises et les laboratoires n'arrivent pas à recruter les salariés formés dont ils ont besoin. »
Le Monde, 23 Juin 2006
 
« Ce n'est certainement pas par l'immigration choisie, qui va poursuivre une politique néo-coloniale en allant choisir dans les pays d'origine ceux qui nous arrangent, que l'on mettra fin à ce problème. Les puissances coloniales ont suffisamment exploité ces pays ; on ne va pas continuer en prenant leur main d'œuvre bien formée. »
Forum mondial des droits de l'Homme, Nantes, 10/13 juillet 2006
 
« La question de l’immigration, les difficultés qu’elle pose aujourd'hui sont le résultat direct de la politique de Sarkozy. C’est-à-dire qu’avec un empilement de législations successives, il a réussi le tour de force de faire en sorte en effet que des centaines de milliers d’hommes et de femmes sont sur le territoire national sans être ni expulsables, ni régularisables et cette situation là, elle est insupportable sur le plan humain, pour les personnes concernées. »
Radiocom, France Inter, 27 aout 2006
 
« La fébrilité législative de Nicolas Sarkozy est l'aveu d'une faillite. La France n'a pas besoin de loi supplémentaire. Des instructions claires, des services renforcés, des procédures qui fonctionnent vite et bien, cela suffirait. Au Royaume-Uni, l'Etat répond en quinze jours aux dossiers de demandes des entreprises. On pourrait aussi imaginer que les autorisations de travail soient gérées par les préfets de région en concertation avec les régions qui sont responsables du développement économique et en contact avec les entreprises. »
Le Monde, 23 Juin 2006
 
« Nicolas Sarkozy en est sa troisième loi (sur l’immigration). Il a cassé le seul outil de régularisation en  continu, c’est-à-dire la carte de 10 ans qui permettait avant de régulariser tranquillement chaque année 2 000 ou 3 000 étrangers qui participaient à l’économie de notre pays. En cassant cet outil, Sarkozy a créé la situation actuelle. La solution, comme dans tous les pays d’Europe, c’est la régularisation au long cours des étrangers. »
LCI, 19 septembre 2006
 

PROPOSITIONS
 
« Instaurer un droit moderne à l'aller et au retour »
 
« Il faut, pour l'immigration de travail, instaurer un droit moderne à l'aller et au retour. Aujourd'hui, beaucoup d'immigrants, qu'ils soient qualifiés, chercheurs, universitaires, cadres ou saisonniers, sont d'autant plus tentés de rester qu'ils craignent de ne pas pouvoir revenir faute d'un visa permanent ou pluriannuel. »
Le Monde, 23 Juin 2006
 
« Des visas aller retour pourraient permettre aux étrangers de venir pour des activités saisonnières ou autres de façon régulière et de pouvoir rentrer en toute sécurité dans leur pays. L’idée ce n’est pas de revenir sur le droit au regroupement familial, C’est une solution gagnant-gagnant. Gagnant pour le travailleur étranger qui n’a pas forcément envie de se déraciner. Et gagnant pour l’économie française. »
LCI, 19 septembre 2006
 
« Il n'est pas question d'empêcher le regroupement familial qui est le droit de mener une vie de famille normale là où on est installé. En revanche, beaucoup de travailleurs saisonniers restent en France une fois leur contrat terminé et font venir illégalement leur famille parce qu'ils craignent de ne pouvoir revenir travailler dans notre pays s'ils en partent. Je crois qu'il faut créer un droit moderne à l'aller et au retour, qui permette de venir travailler ici puis de retrouver en toute tranquillité les siens dans son pays en sachant qu'on pourra à nouveau répondre à des offres de travail utiles. C'est une question de respect de la dignité des travailleurs étrangers. »
La Dépêche du Midi, 22 septembre 2006
 

Dans son pacte présidentiel de 2007, Ségolène Royal évoquait également les questions d'immigration, et proposait de :
 
« - Instituer un visa permettant des allers-retours multiples sur plusieurs années, afin que les migrations s’adaptent aux besoins réels du marché du travail.
 
- Rétablir la règle des 10 ans comme critère de régularisation.
 
- Régulariser les sans papiers à partir de critères fondés sur la durée de présence en France, la scolarisation des enfants et la possession ou la promesse d’un contrat de travail. »
Extrait du pacte présidentiel de Ségolène Royal (2007)
 

D'autres propositions ont été émises par Ségolène Royal, qui recoupent ou complètent les précédentes, notamment dans sa motion au Congrès de Reims :
 
« - Créer un système sécurisé d’aller et retour avec visa permanent, qui permet de travailler temporairement en France, notamment dans les emplois saisonniers, et de retourner dans son pays sans être interdit de séjour sur notre sol. Cela évite de créer de la clandestinité chez les étrangers qui ont peur de ne plus pouvoir revenir.
 
- Simplifier les procédures de recrutement pour répondre en temps réels aux besoins des entreprises : en impliquant, aux côtés des Préfets, les Régions, car elles connaissent les bassins d’emplois.
 
- Subordonner les avantages dans les secteurs qui emploient beaucoup de salariés en situation irrégulière (hôtellerie-restauration, BTP, services à la personne) à un engagement de moralisation des pratiques et de lutte contre le dumping salarial.
 
- Être un pays attractif pour les jeunes étudiants étrangers, qui préfèrent souvent partir dans d’autres pays, où ils sont mieux reçus.
 
- Régler au cas par cas la situation des travailleurs étrangers sans-papiers avec des critères clairs, tels que l’existence d’un contrat de travail et le paiement d’impôts. »
Extrait de la motion « L’espoir à gauche, fièr(e)s d’être socialistes » (2008)
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Ségolène Royal (26 octobre 2006)
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